Aveyron - France

L’actualité Saint-Cômoise

Le 9 mai : premier festival de Blues

Fabrice Eulry, le talentueux interprète de jazz international est né à Carmaux mais il joue régulièrement au Petit Journal d'André Damon à Paris. Il connaît bien l’Aveyron où il s’est produit une dizaine de fois, à Decazeville, notamment. Désormais, il découvre avec plaisir le nord de ce département au point d'être allé admirer le paysage saint-cômois depuis son clocher tors. C'est donc la salle des fêtes de ce village qui accueille, désormais, le "Festival de Blues en Aveyron" en symbiose avec  la salle du Nayrac. Il partage son enthousiasme avec une formation locale, le Big-Band, qui anime Espalion et ses alentours sous la dynamique direction de Fred Bonnet. Tous les ingrédients étaient donc prêts pour mitonner une soirée qui devait être mémorable. Et elle le fut !

Tony Kazima, pianiste-chanteur énergique et facétieux, qui s’est à maintes reprises inspiré de la musique de Ray Charles, a ouvert la soirée, avec beaucoup de rythme. Ses morceaux ont été souvent accompagnés de battements de main, et le public conquis, s’est manifesté par des applaudissements nourris. Le Big Band, a pris le relais avec sa trentaine de musiciens et ses trois chanteuses, Lydie, Lauriane et Natacha. Le thème de «l’Aveyron, des celtes au swing» a marié à merveille le blues et la tradition aveyronnaise, rendant hommage à la crouzado, et à deux spécialités mythiques, l’aligot et le Roquefort. Et le public, debout, a ovationné le dernier morceau en hommage à Fabrice Eulry. C’est d’ailleurs, l’artiste lui-même qui est ensuite monté sur scène. Depuis 1981, il s’est produit 4000 fois dans 18 pays, et cette expérience, alliée à son immense talent ont éclaté au grand jour, avec des interprétations remarquables de dextérité. Une prestation de grande qualité, seul d’abord, puis accompagné d’Enzo Mucci à la contrebasse, dans une grande complicité. Une prestation qui s’est terminée en point d’orgue, avec son fils, Octave, à la batterie, par un morceau « Isabelle Madison », qu’il avait improvisé à Paris, pour son épouse. Fabrice Eulry a entamé la seconde partie, avec Jeff Monin à la guitare et à l’harmonica, avec des blues français des années 60. Et le groupe s’est étoffé avec l’entrée du saxophoniste Lionel Stievenard, du jeune batteur, rejoints par Enzo Mucci, mettant en vedette chaque musicien, à tour de rôle, avec beaucoup de rythme et de maestria. Le public debout s’est ensuite enthousiasmé par une improvisation à laquelle se sont mêlés Fred Bonnet et le trompettiste Bruno Girard. Du grand art! Fred Bonnet, toujours aussi imaginatif, chantait « Blues en Aveyron », une de ses créations, pleine d’humour et doublée d’imitations. Pour le bouquet final, l’ensemble des musiciens clôturait en apothéose cette remarquable soirée qui a marqué les esprits et appelle une nouvelle édition en 2018.

Et les prestations n'étaient pas terminées puisque, dés le lendemain, toute l'équipe de Fabrice a tenu à gravir les 163 marches du clocher pour une visite commentée par notre spécialiste: Gilbert Vialaret. Le point d'orgue fut donné par une interprétation toute personnelle de l'Ave Maria de Gounod avec Lionel au saxo, sous les voutes séculaires de notre église.