Aveyron - France

L’actualité Saint-Cômoise

Commémoration

Sous un ciel maussade, une cinquantaine de personnes on tenu, ce dimanche 29 mai,  à venir commémorer le centenaire de la bataille de Verdun devant le Monument aux morts saint-cômois. Après lecture du manifeste ministériel par le maire, M. Bernard Scheuer, il revenait à  Paul Cayla, président de l'association des anciens combattants, d'évoquer les circonstances de cette terrible bataille en rendant hommage à tous les soldats morts en 1916. Huit saint-cômois figurent sur la stèle au titre de cette année. Son  discours est transcrit ci-après.

A nos héros saint-cômois morts pour la France

au cours de la guerre 1914-1918

Verdun 1916

Le message ministériel vient de rappeler combien Verdun constitue un symbole de notre mémoire nationale. Le nom de cette ville qui, d'ailleurs, ne sera jamais conquise résume une bataille ininterrompue depuis le 21 février 1916 jusqu'en novembre de cette même année. De nombreux historiens ont relaté, en toutes langues, les terribles souffrances que les soldats de toutes les nations belligérantes ont dû endurer au cours de cette période: Malcom Brown en Angleterre, Pierre Miquel et Gabriel Hanoteaux pour la France et Paul ETTIGHOFFER pour l'Allemagne. Ce dernier, nous le connaissons bien, à Saint-Côme. C'est celui qui a fait prisonnier Léopold Vaysset qui finira ses jours comme serviteur et homme de confiance à l'abbaye de Bonneval. Paul ETTIGHOFFER lui rendra visite à Bonneval, juste avant la seconde guerre mondiale, en 1937, après avoir correspondu avec lui en des termes chaleureux en tant que "camarade de la Grande Armée des Glorieux" tombés pour leur pays. Ce capitaine allemand a écrit un ouvrage relatant la bataille de Verdun. C'est donc un témoin de première ligne qui rend compte de la folie meurtrière du chef d'état-major allemand, Eric von Falkenhayn qui voulait en finir avec la guerre des tranchées en voulant écraser et saigner à blanc l'armée française et ainsi gagner la guerre. Le résultat, c'est que la France perdit 362 000 hommes dans cette bataille, mais que les Allemands y laissèrent 336 000 des leurs...et tous ces morts, pour obtenir, pratiquement, une situation inchangée à la fin de 1916. Des épisodes glorieux ont marqué ces pages d'histoire. Il nous suffit de prononcer les noms de Fort de Vaux ou de Douaumont pour que surgissent les figures de héros qui, dix fois, vingt fois avancèrent ou reculèrent pour la même colline ou la même tranchée au cours d'une ou deux journées! Tout autour ce furent le village de Fleury, devant l'ouvrage de Thiaumont, le bois du Chapitre et le bec de Souville, le ravin de Tavannes, la cote 304 ou le village de Damloup...Tous ces lieux sont, désormais, chargés d'histoire et conservent encore les blessures des évènements qui se sont déroulés, il y a cent ans.  On garde en mémoire l'héroïsme du commandant Raynal, vaincu par la soif, 7 jours sans eau,  et contraint de se rendre après avoir perdu la quasi totalité de sa garnison du Fort de Vaux et avoir expédié son dernier message d'appel au secours grâce à son dernier pigeon voyageur. Mais aussi, à Douaumont maintes fois perdu et repris, et qui sera enfin reconquis à la fin du mois d'octobre 1916 par le régiment colonial du Maroc. A l'ouest, la bataille de la Somme était engagée qui déterminera la victoire de 1918.

 Aujourd'hui, nous commémorons le centenaire de cette bataille de Verdun. Ayons, d'abord, une pensée  pour tous ceux qui participèrent à cette grande guerre. Depuis le Général de Castelnau qui défendit le Grand Couronné et sauva Nancy en septembre 1914. En fin d'année 1915, il fut chargé par Pétain d'aller inspecter les lignes de défense de Verdun qu'il connaissait bien comme commandant la deuxième armée de Lorraine. Son rapport permit de renforcer cette zone mais, cela ne fut pas suffisant! Pensons aujourd'hui à nos 76 morts saint-cômois inscrits sur ce monument. Pour la seule année 1916, nous devons saluer la mémoire de 8 morts qui figurent sur cette stèle. Permettez-moi de les citer en précisant que les années d'inscription ne correspondent pas toujours avec la date officielle tenue dans les registres de l'armée, les fameux matricules!

 

ANGLADE Joseph. Né à Belloup, Castelnau le 22 novembre 1879 mais, domicilié à Saint-Côme à La Rigaldie. Profession: cultivateur.Il sera mobilisé le 3 août 1914 au 112ième Régiment d'infanterie. Disparu le 4 septembre 1916 à Vermandovillers. Il sera considéré comme inhumé à l'ouest de la tranchée Vulcain. Il avait 37 ans;

COMBES François. Né à Saint-Côme le 2 janvier 1878. Profession: cultivateur. Tué à l'ennemi à Mandu-Brétigny dans l'Oise le 31 mai 1918 mais inscrit sous l'année 1916 sur le monument. Il avait 38 ans;

FERRIE Auguste. Né à Saint-Côme le 31 octobre 1897. Il était engagé volontaire et à ce titre ne dispose pas d'un matricule officiel! Il est mort à Soupir, prés de Verdun, le 8 mai 1916, dans sa 19ième année;

MONTEIL Charles. Né le 21 août 1882 à Saint-Côme. Profession: cultivateur. Décédé le 11 avril 1916, suites à ses blessures de guerre "en ambulance", au bois d'Hingry, prés de Billy dans la Meuse. Il avait 34 ans;

ROZIERE Antoine. Né le 4 juin 1878 à Saint-Côme. Profession: charron. Tué à l'ennemi le 12 janvier 1915 au lieu-dit "La montagne Neuve" près de Soissons. Il avait 37 ans;

BURGUIERE Auguste. Né le 4 octobre 1875 à Saint-Côme. Profession: garçon de café. Marié avec 5 enfants. Brigadier décédé le 22 novembre 1916 à l'hôpital de Rodez, suite à une maladie contractée au front. Il avait 41 ans;

VIER Joseph. Né le 23 janvier 1885 à Saint-Côme. Profession: cultivateur. Tué à l'ennemi le 23 août 1916 à Fleury-Thiaumont. Il avait 31 ans;

PALOUS Louis. Né le 30 mars 1892 à Saint-Côme. Profession: étudiant en droit.Décédé des suites de ses blessures ou de maladie contractée au front, à Saint-Côme le 23 juin 1916.

 En conclusion, je ne puis que reprendre les termes de Paul ETTIGHOFFER se réjouissant  de "la réconciliation de 1962 entre les deux nations, indiquant que, celle-ci n'aurait pu avoir lieu sans le grand bain de sang de 1916 qui a démontré l'inanité de la haine entre nos deux grands pays". Commémorer, écrivait le Général de Gaule, c'est, "porter un message de confiance à notre Vieille France, accablée d'histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, mais, redressée de siècle en siècle par le génie du renouveau. Gardons en mémoire le nom de Verdun en étant persuadés que celui-ci soit un symbole, non seulement de résistance mais aussi de réconciliation".

Et maintenant, rendons hommage à tous nos morts en observant une minute de silence après la sonnerie qui leur est dédiée!